Préséance

 

Honorables invités,

Mesdames et messieurs

C’est avec un intérêt tout particulier que je prends la parole à l’occasion de la cérémonie marquant l’ouverture de la conférence de haut niveau sur les mutilations génitales féminines.

Je voudrais  avant tout propos, au nom du Gouvernement du Burkina Faso, au nom des membres du Conseil national de lutte contre la pratique de l’excision et à mon nom personnel, souhaiter la bienvenue aux délégations venues d’Afrique, d’Europe, d’Amérique, du Moyen Orient et de l’Asie.

Je vous souhaite un agréable séjour au pays des Hommes intègres.

Je  voudrais également exprimer toute la gratitude à l’Union Africaine, à l’UNFPA et à l’UNICEF pour cette belle et pertinente initiative ainsi que l’honneur fait à notre pays d’abriter la présente conférence.

 

Distingués  invités,

Mesdames et messieurs

Permettez-moi de vous rappeler que notre présence ici répond à un besoin de mobilisation collective tant au niveau politique, institutionnel que communautaire, autour des nombreux défis à relever dans les domaines des mutilations génitales féminines, de la protection et la promotion des droits de la femme dans nos pays respectifs et dans le monde entier.

C’est pourquoi je tiens à féliciter  l’Union Africaine pour la pertinence du thème retenu pour cette conférence internationale  qui est « Galvaniser les actions politiques en faveur de l’élimination des mutilations génitales féminines ».

Les Mutilations génitales féminines (MGF) sont une réalité dans plusieurs pays du monde, mais particulièrement en Afrique où plus de 29 pays sont concernés par ce fléau.

Au regard de son ampleur et de ses conséquences, les MGF restent un problème actuel de droit, de santé publique, de dignité humaine et de discrimination basée sur le sexe.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), « les mutilations sexuelles féminines sont internationalement considérées comme une violation des droits des jeunes filles et des femmes. Elles sont le reflet d’une inégalité profondément enracinée entre les sexes et constituent une forme extrême de discrimination à l’égard des femmes. Elles sont presque toujours pratiquées sur des mineures et constituent une violation des droits de l’enfant. Ces pratiques violent également les droits à la santé, à la sécurité et à l’intégrité physique, le droit d’être à l’abri de la torture et de traitements cruels, inhumains ou dégradants, ainsi que le droit à la vie lorsqu’elles ont des conséquences mortelles ».

Le Burkina Faso n’est pas à l’abri de cette pratique rétrograde à laquelle 68 millions de filles et de femmes  pourraient être exposées avant 2030 dans le monde.

Toutefois, la volonté politique pour venir à bout de cette pratique n’est plus à démontrer avec l’engagement personnel de Son excellence Monsieur le Président du Faso « champion mondial » de la lutte contre les MGF et de son Epouse Madame Sika KABORE, Présidente d’honneur du Conseil national de lutte contre la pratique de l’excision et ambassadrice de bonnes volontés du comité inter africain sur les pratiques traditionnelles ayant effet sur la santé des femmes et des enfants qui ne cessent de déployer d’énormes efforts pour son éradication.

L’engagement du Burkina Faso se caractérise, entre autres au plan institutionnel par :

  • la création le 18 mai 1990 du Conseil national de lutte contre la pratique de l’excision ;
  • l’adoption le 13 novembre 1996 d’une loi pénale réprimant les Mutilations génitales Féminines au Burkina Faso, loi revue et renforcée en mai 2018 ;
  • l’érection de la Direction de la lutte contre la pratique de l’excision en Secrétariat permanent en 1997 ;
  • l’adoption d’un nouveau plan stratégique national de promotion de l’élimination des MGF 2016-2020 qui s’inscrit dans les objectifs de développement durable (ODD) et dans le Plan national de développement économique et social (PNDES 2016-2020)du Gouvernement à travers son axe 2, intitulé « développer le capital humain » ;
  • la création d’une ligne budgétaire par le Gouvernement pour soutenir les actions de promotion de l’élimination des Mutilations Génitales Féminines.

 

Honorables invités,

Mesdames et messieurs

La synergie d’actions entre l’Etat Burkinabè, ses partenaires techniques et financiers, les leaders communautaires et associatifs ont permis d’atteindre des résultats encourageants se traduisant par la baisse de la prévalence de l’excision pour toutes les tranches d’âges et pour toutes les régions du pays. En effet, le taux de prévalence de l’excision pour la tranche d’âge 0-14 ans est passé de 13,3% en 2010 selon l’EDS à 11,3% en 2015 selon l’EMC soit une baisse de 2 points de pourcentage en 5 ans. Quant à la tranche d’âge 15-49 ans, les mêmes sources indiquent que la prévalence a baissé de 8 points de pourcentage passant de 75,8% à 67,6%.

 

Si l’on peut, toute proportion gardée, reconnaitre les progrès enregistrés en matière de promotion de l’élimination de la pratique de l’excision au Burkina Faso, il convient de relever certaines poches de résistance.

Ainsi, la pratique de l’excision est caractérisée de nos jours par la clandestinité, la baisse de l’âge à l’excision et la pratique transfrontalière.

 

C’est au regard de ces constats fort inquiétants que la tenue de cette conférence de haut niveau nous réconforte à plus d’un titre.

En effet, cette rencontre permettra de consolider l’engagement politique mondial, de renforcer l’action nationale et de planifier des stratégies spécifiques pour construire un vaste mouvement en faveur de l’él

imination des MGF.

Il s’agira plus spécifiquement de :

  • renforcer l’appropriation politique de la campagne mondiale et continentale pour l’élimination des mutilations génitales féminines ;
  • accroître la responsabilisation multisectorielle pour éliminer les mutilations génitales féminines et la campagne aux niveaux national, régional et continental;
  • améliorer les mécanismes de revue et de rapportage et la communication sur les mutilations génitales féminines;
  • plaider en faveur d’une augmentation des ressources nationales pour éliminer les mutilations génitales féminines.

 

Mesdames et messieurs

Je reste convaincu que l’élimination des MGF est politiquement, juridiquement et financièrement réalisable. A ce titre, je voudrais convenir avec l’ancien Secrétaire général de l’ONU, BAN Ki-moon qui, dans son message du 06 février 2015, à la faveur de la Journée internationale tolérance zéro à l’égard des MGF disait ceci je cite : « Il est plus que jamais urgent, mais aussi possible, de mettre fin aux mutilations génitales féminines et d’épargner ainsi d’immenses souffrances aux femmes, tout en leur donnant plus de moyens d’influencer positivement l’évolution du monde. »  Fin de citation.

C’est pourquoi, j’ose croire que la conjugaison des efforts individuels et collectifs à l’échelle nationale, continentale et mondiale contribuera à la réalisation de ce noble objectif d’ici 2030.

Aussi nous devons engager avec détermination, courage et foi ce combat pour l’égalité des droits, pour la dignité humaine, pour la liberté, pour la justice sociale en un mot, un combat pour la promotion d’une vie pleine d’épanouissement, de bonheur et d’harmonie.

 

Mesdames et messieurs

Chers Invités,  chers participants et participantes au dialogue politique

Je n’ai aucun doute que la qualité des réflexions qui seront menées et les résolutions qui seront prises au cours du dialogue politique de Ouagadougou sur les Mutilations Génitales Féminines permettront l’atteindre les résultats escomptés.

Je ne saurai terminer mon propos, sans réitérer ma reconnaissance ainsi que mes remerciements aux institutions internationales et interafricaines notamment l’Union Africaine, l’UNFPA, l’UNICEF, à la coopération bilatérale et multilatérale, de même qu’à toutes les bonnes volontés qui ne cessent de soutenir les efforts de promotion de l’élimination des mutilations génitales féminines dans le monde.

SUR CE, JE DECLARE OUVERTE LA CONFERENCE DE HAUT NIVEAU SUR LES MUTILATIONS GENITALES FEMININES

 

JE VOUS REMERCIE

 

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